De Tanà à Majunga par la route de la terre rouge vers le sable blanc !

Majunga est à 378 km de Tananarive à vol d’oiseau, mais lorsque vous prenez la nationale 44, il faudra compter plus de 550 kilomètres avant d’arriver dans la « Cité des Fleurs ». Mais le voyage en vaut la peine, et les paysages varient d’un village à un autre. Le voyage dure entre 8 et 12 heures (selon que vous preniez une voiture personnelle ou un taxi-brousse), il faudra donc partir très tôt le matin…

Zébus

 

 

 

 

 

 

Un départ toujours lent…

Comme dans toutes les grandes capitales du monde, l’embouteillage règne dans la ville de Tananarive. Il faut partir tôt le matin de la gare routière d’Andohatapenaka pour avoir une circulation fluide sur la route digue… avant de devoir passer environ une heure pour parcourir la distance Ambohibao – Imerinafovoany. C’est pourquoi les voyageurs préfèrent partir au petit matin, vers 5h 30, lorsque les gargotes qui ornent les bords de la route commencent à s’ouvrir. Cela donne une ambiance brumeuse dans la pénombre, avec l’odeur de la fumée des maisons et des briqueteries. A la sortie de Talatamaty, on se sent vraiment voyager : très peu de circulation, rizières à perte de vue, sous un soleil caché par des brumes. Souvenir inoubliable, rien qu’en écrivant ces quelques lignes, je ressens l’atmosphère et j’ai envie d’y retourner …

Paysage Merina

Hormis quelques stations-services dans les quelques grands villages, le paysage est assez typique : quelques maisons traditionnelles merina, mais également beaucoup de constructions nouvelles de type occidental. Sur la route, quelques gros camions, des piétons portant des bagages sur la tête, mais aussi des charrettes à zébus, chargées de centaines de kilos de grains de riz, ou de gros sacs de charbon. Puis apparaît une petite ville de banlieue : Mahitsy. Quelques maisons traditionnelles subsistent aux constructions modernes. La ville a aujourd’hui tout ce qu’il faut pour être comme telle : banques, marché, quincaillerie, lycée, épiceries, des salons de beauté et de nombreux pousse-pousse pour le déplacement des riverains. Les voitures sont obligées de rouler au pas, la route nationale 44 traverse le marché de la ville toujours animée dès le matin. A la sortie de la ville de Mahitsy, les paysages champêtres embellissent le voyage : rizières verdoyantes, collines, verdures et quelques rares arbres.
Quelques kilomètres plus loin, c’est Andranovelona, une petite ville qui s’est développée par l’arrivée récente d’une société de production d’eau potable : ‘Eau Vive’. Quelques maisons au style traditionnel et des nouvelles constructions, des panneaux publicitaires de la société, et beaucoup de personnes sur la route. Ensuite, ce sont des plaines et des collines verdoyantes jusqu’à Vohikanto. Un véritable petit coin de paradis avec un petit lac et des arbustes aux alentours. Majunga est encore à 490 kilomètres de là.
La lande herbeuse des plateaux parcourue par le vent, les forêts galeries, pins, mimosas et eucalyptus aux abords de la route qui sillonne les collines, offrant une vue panoramique sur un paysage montagneux. On aperçoit la ville d’Ankazobe de loin : beaucoup de maisons traditionnelles, mais également de plus en plus de nouvelles constructions. Il est possible de passer à côté de la ville, mais la traverser permet de retrouver la civilisation après les paysages montagneux. Dès la sortie de la ville, la route escalade une colline offrant une vue magnifique sur la ville d’Ankazobe et ses environs. Puis, revoilà les collines et les hautes herbes sous un ciel bleu et un soleil brûlant. Un arrêt s’impose près du pont de Manankazo, sous lequel on peut admirer des rochers et des petites cascades d’une eau bleuâtre circulant entre de petites forêts.

Nouveau district, nouveaux paysages

La route continue à sillonner les collines et les montagnes souvent ravagées par les feux de brousse. Quelques rares pins, eucalyptus et ravenala ornent les collines… et le style des constructions commence à changer : des maisons de terre basses, des auvents, des collines couvertes de hautes herbes… jusqu’à Manerinerina où les voyageurs refont généralement le plein d’énergie dans les quelques hôtels où on sert des recettes malgaches. A quelques kilomètres de là, c’est déjà la limite du district de Maevatanana, mais c’est encore les plateaux et les paysages montagneux. A Mahatsinjo, la route a quitté les hauts plateaux, les manguiers font leur apparition, de même que les bananiers.

Paysage des côtes

A travers les paysages somptueux des plaines et collines, le fleuve Betsiboka accompagne les voyageurs : c’est le plus long fleuve de Madagascar. La chaleur commence à se faire sentir, Maevatanana approche. C’est une ville étape, dans laquelle on aime faire un petit arrêt, pour le plein de carburant ou pour un petit casse-croûte : poulets frits, poissons frits, camarons, fruits exotiques… C’est l’endroit où nous nous arrêtons à chaque fois manger des brochettes de zébus le long de la route. Maevatanana est l’endroit le plus chaud de Madagascar ! Plus que 250 km avant Majunga. Ici, les paysages sont arides et l’atmosphère un peu lourde pour ceux qui ne sont pas habitués. A quelques kilomètres de là, c’est le pont Kamoro, probablement le plus long pont de Madagascar, récemment réhabilité. Les manguiers et jujubiers défilent au bord de la route jusqu’à Ambondromamy, une autre ville étape. Station-service, hôtels, et beaucoup de marchands de fruits circulent aux abords de la route.
En fin d’après-midi, c’est la traversée de la forêt d’Ankarafantsika, une forêt classée réserve naturelle. Avec un peu de chance l’on pourrait apercevoir quelques lémuriens dans la réserve, dans le gîte et bureau des responsables de l’entretien de la réserve. Le parc national d’Ankarafantsika abrite le plus petit lémurien du monde, ainsi que d’autres espèces endémiques. Un circuit dans les canyons est également proposé aux visiteurs. A ne pas rater !


Majunga… enfin !

Le soleil s’est déjà couché quand on aperçoit au loin la ville de Majunga… surtout ses lumières. Mais, il reste encore plus de 50 kilomètres à faire sur les collines avec les hautes herbes… Les lumières de la ville de Majunga apparaissent et disparaissent au loin. Puis, c’est le noir… jusqu’à ce que le véhicule atteigne les premières maisons de la banlieue de la ville. Vers 20 heures : la ville reste entièrement éveillée ! Les routes sont bondées de piétons, de vélos, de pousse-pousse, de touc touc … Une odeur de grillades de zébu, de poissons et de poulet invite les passants. Les nuits à Majunga ont toujours un air de fête ! Bières, masikita (brochettes), jus, grillades, poissons frits, de la musique, le bruit des vagues, le souffle d’air… au « Bord de mer », on se sent vraiment en vacances !

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