De Tanà vers Fianarantsoa par la RN7 : Des maisons rouges à toit de chaumes et des rizières étagées !

A la découverte de la fameuse RN7…

La route nationale N° 7 reliant la Capitale au sud de l’île, est une portion connue pour la diversité et la richesse de ses paysages. La RN7, comme on l’appelle communément, c’est Antsirabe, la ville d’eaux, Ambositra, la ville « cuvette » de Fianarantsoa, en passant par Ambalavao, la montagne d’Andringitra, les sculptures Zafimaniry, le papier Antaimoro, les photographies exceptionnelles de Pierrot Men…

Cap vers Antsirabe…

Rizières en terrasses

Mises à part les quelques minutes d’embouteillages à la sortie de Tana, le voyage vers Antsirabe est plutôt calme et apaisant. De chaque côté, des petites maisons en briques de terre rouge et toit de chaume. Ce sont des collines de terres rouges recouvertes de landes herbeuses, des conifères, ainsi que des fonds de vallée transformés en rizières. Ces rizières, on en verra un peu partout sur le versant des collines, ou plus bas, de plus en plus supplantées par des fabricants de briques. Un peu plus loin de la ville, l’on retrouve des fabricants d’objets d’art à partir de résidus de fer, de boîte de conserve, etc. D’autres groupes de villageois aux abords des routes fabriquent des petites voitures, et de statuettes. Les routes ne sont pas toujours de bonne qualité, nids de poule, bitume de mauvaise qualité, charrettes… de nombreux facteurs sont à l’origine de la dégradation des routes à Madagascar. Le trajet d’Antananarivo à Antsirabe, est également l’occasion de découvrir les différentes formes de tombeaux Merina (habitants des Hauts Plateaux). Plus loin, sur la droite, s’étend vers l’infini une très vaste rizière, c’est Ambohibary. L’étendue de cette zone de riziculture est impressionnante. Elle alimente Antsirabe et la Capitale en riz.
Après environ 150 km parcourus depuis la Capitale, la ville d’Antsirabe se dessine, avec des constructions traditionnelles aux briques rouges, mais aussi des nouvelles constructions plus modernes. La ville est de taille modeste, et le calme y règne généralement. La ville d’eaux est célèbre pour ses eaux thermales et ses bains, alimentés par des volcans éteints depuis des milliers d’années. Antsirabe, c’est également la Capitale des pousse-pousses, vous n’y ferez pas un mètre sans en croiser quelques-uns, avec leurs variantes cyclo-pousses ou encore les « bajaj » comme les Antsirabéens appellent ces véhicules à trois roues motorisés. Quelques moments dans le parc thermal et à l’hôtel des Thermes s’imposent avant de reprendre la route vers le Sud de Madagascar.

Ambositra et Fianarantsoa

Les paysages sont assez semblables à ceux que l’on voit entre Antananarivo et Antsirabe, jusqu’à Ambositra, excepté que les maisons sont déjà plus traditionnelles à quelques kilomètres d’Antsirabe. C’est la campagne avec des rizières, collines, arbustes et rivières qui côtoient les zébus tirant une charrue ou une charrette à travers la nationale 7. Mais, une fois dans la Capitale du Betsileo, la culture et les façons de s’habiller des Fianarois et Fianaroises changent complètement.

Zébus

La ville de Fianarantsoa est favorablement située entre les hautes collines qui l’entourent, un peu comme un amphithéâtre. Ce chef-lieu de la région Haute Matsiatra porte un nom riche en signification, puisque Fianarantsoa signifie « là où l’on apprend bien ». C’est en 1831 que la reine Ranavalona Ière a fondé la ville en vue d’en faire la capitale de la partie sud de l’île. Aujourd’hui divisée en 7 arrondissements et 50 fokontany (districts) , la ville de Fianarantsoa est une ville commerçante, où l’agriculture tient également une place importante. La culture de tabac, de raisin, de riz et de café domine les régions avoisinantes. Mais, Fianarantsoa, c’est surtout la capitale malgache du vin. Cépages importés de France et de Suisse ornent les champs de vignobles, et donnent des vins rouges, rosés et blancs.

La fabrique de papier Antemoro

Le papier antemoro est produit à base de « avoha », une écorce d’arbre endémique de la côte est de Madagascar. Ce type particulier de papier fut utilisé par les Arabes durant des siècles pour l’écriture du Sorabe. La technique consistait alors à cuire l’écorce avec de la cendre et de l’eau. Après la cuisson, on pile et on répand l’écorce sur des feuilles de bananier, qu’on laisse alors sécher au soleil. Aujourd’hui, les fibres de avoha sont cuites pendant environ 12 heures, on les écrase dans un pilon après la cuisson, et on les mélange avec de l’eau dans un grand bac. On vide progressivement l’eau pour que la pâte adhère au tissu d’un cadre placé sur le bac. Des pétales de fleurs sont alors disposés sur le papier humide, et le tout est laissé sécher au soleil. C’est un objet de décoration original et authentique proposé uniquement dans cette partie de l’île. Cela vaut la peine de s’attarder dans ce village pour admirer la qualité et la finesse du travail réalisé par ces artisans.

Les sculptures Zafimaniry

Les sculptures Zafimaniry sont également des objets de curiosité pour les étrangers visitant la partie sud de Madagascar. La communauté des Zafimaniry a transmis une culture originale du travail du bois dans cette partie de l’île. Les Zafimaniry se sont installés dans une région boisée du sud-est de Madagascar au 18ème siècle, afin de fuir le fléau de la déforestation qui ruinait la plus grande partie du pays. A ce jour, environ 25 000 Zafimaniry vivent encore dans des villages et hameaux sur les montagnes de la région. Forestiers, artisans et charpentiers ont alors réuni des connaissances approfondies sur le traitement du bois, notamment la foresterie et la sculpture sur bois. C’est pourquoi ce matériau se retrouve dans les divers objets du quotidien de la vie et de la mort des Zafimaniry : murs, fenêtres, poutres, poteaux, outils, tabourets… Plus d’une vingtaine d’espèces d’arbres endémiques sont utilisées par les Zafimaniry selon le type de construction et selon la fonction décorative choisie. Il y est, par exemple, courant de trouver des maisons et des tombeaux assemblés sans clou, ni charnière, ni aucune pièce métallique, uniquement par la technique du tenon et de la mortaise. Les Zafimaniry produisent également des statuettes et d’autres objets décoratifs pour vivre. Sur les greniers et les statuettes, on dénombre de nombreux motifs géométriques très codifiés, témoignant des origines austronésiennes et des influences arabes sur la culture malgache.

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